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On a rencontré Salek, jeune étoile du rap francophone !

le 21 février 2019

On a rencontré Salek, jeune étoile du rap francophone !

On a rencontré le rappeur lillois : Salek. Le jeune espoir du rap francophone s’est confié sur son vécu, personnel et artistique, et sur ses ambitions !

 

Bonjour Salek, alors d’où viens-tu ?

Bonjour l’équipe, je viens de Lille, j’ai grandi ici en arrivant en France en 2004, avant ça j’ai vécu 6 ans en Afrique (Ghana) c’était ma plus belle expérience de vie pour l’instant.

Ça a commencé quand le rap, et là tu en es où ?

J’ai commencé à écrire quand j’étais au lycée, au début c’était vraiment pour rire, j’ai jamais pris ça au sérieux, du coup je suis resté pas mal de temps à me convaincre que je faisais ça en guise de passion même si beaucoup me disaient que j’avais quelque chose de différent. Depuis environ 1 an, j’ai décidé de voir la réalité en face, j’ai considéré que j’étais apte à faire un choix mature. J’ai choisi d’évincer le parcours pro / scolaire d’un jeune de mon âge pour consacrer l’intégralité de mon temps à ma musique. C’est pas un choix facile, mais c’était nécessaire, c’est un défi, j’aimerai me regarder plus tard en me disant que je me suis pas trompé, et que dans tous les cas j’assumerai mon choix.

Ta musique sonne à la fois mélodieuse et tranchante, on peut t’assimiler à très peu d’artistes francophones. Quelles sont tes influences ?

Mon père était bassiste dans un groupe, je pense qu’il m’a filé la fibre musicale haha. Après j’ai été influencé par ce qui me sensibilisait, au lycée c’était l’époque de l’Entourage / Joke etc… ils avaient ramené quelque chose de nouveau, mais très vite je me suis dit que si je voulais avoir ma place il fallait que j’aille me ressourcer ailleurs, je me suis retourné très tôt sur des mecs comme Tory Lanez, Trippie Redd, Travis Scott etc… avant même qu’ils soient aussi connus. Je peux même t’affirmer que ma bascule rap français / rap américain s’est réalisé avec « In For It » de Tory Lanez, ça devait être fin 2014 début 2015, c’est un jour qui m’a marqué et je me suis dit qu’il fallait absolument que je me concentre sur ce qu’il se passe aux USA. En fait je retrouvais chez eux un côté mélodieux quasi inexistant en France à l’époque, une maitrise parfaite de l’autotune sans tomber dans les « clichés », des univers sombre et magique à la fois, des ambiances planantes et tout ça bien avant que cette mode ne traverse l’Atlantique. Aujourd’hui, dans le rap français, on commence seulement à voir des artistes s’aventurer là-dedans, je pense que cette écoute précoce m’a donné la chance de pouvoir maitriser ce terrain un petit peu plus vite que d’autres. En clair je pense que c’est ce mélange d’influences qui fait de moi l’artiste que je suis aujourd’hui.

« Une musique mélodieuse, tranchante, qui reste en tête »

Où répètes-tu, et où enregistres-tu tes sons ?

Quand il s’agit de me préparer pour une scène je me rends au Flow à Lille, à force j’y ai fait de belles rencontres, c’est une équipe en or là-bas, d’ailleurs j’y suis souvent en ce moment. J’enregistre au NorthFace studio depuis toujours, j’ai une chance immense de pouvoir considérer ce lieu comme une maison, le son qui en sort pour moi peut rivaliser avec les pros du domaine.

T’es un artiste solo, mais en même temps tu te produis qu’avec tes amis, parle-nous de ton équipe ?

Ma famille c’est le « Northface Records » une grosse équipe de trois artistes solos (Balao, Bekar & moi), un DJ (Hagrid), un producteur (Lucci’) et autour pleins de cellules détachées, c’est la famille ils se reconnaitront, love.

Tu travailles comment avec ton équipe ?

On a des rôles bien répartis, chacun essaye de rester à sa place pour faire avancer le truc, c’est des fois dur de bosser en équipe, il faut savoir passer son tour pour tirer le meilleur de chacun, ça solidifie l’image d’équipe. Très clairement ça apprend à se forger un caractère, à accepter d’avancer avec les qualités et défauts de chacun, on ne se laisse jamais abattre, les erreurs, ça nous rend plus soudés.

Comment t’est venue cette envie de sortir le clip « Dans l’bail » ?

Sortir le son avec un clip c’était une évidence pour moi, dès que j’ai eu les premiers airs en tête. Je trouvais qu’il sonnait bien, et qu’il était complet dans la construction. Pour tout dire j’avais aussi envie de voir comment réagirait le public qui m’écoute, j’étais pressé d’avoir des retours sur quelque chose de plus mélodieux. C’est une facette du personnage que je n’avais encore jamais montrée, alors que c’est celle que je préfère et qui me définit le mieux.

 

À quel moment l’as-tu composé et avec la participation de qui ?

Je suis tombé par hasard sur un live Instagram de Masto qui faisait écouter ses dernières prods, c’était courant octobre 2017, par chance j’ai rejoint le live pile au moment où cette prod coulait. Dès que j’ai entendu les premiers sifflements, j’ai su qu’elle allait me plaire. Du coup « Dans l’bail » a été enregistré en février / mars 2018, au NorthFace studio, puis le clip tourné en août ( la veille du tournage du titre « Autre Chose » avec Balao) c’était fou. Je voulais attendre d’avoir un vrai lieu, ramener tous les potos pour sortir un visuel costaud (y en a un qui était coincé en Bretagne il se reconnaitra haha ). Je suis très content des avis et du rendu final de ce morceau.

Peux-tu nous parler de ton parcours et du projet, quand as-tu vraiment commencé à travailler dessus, et aujourd’hui, où en es-tu ?

Comme je disais au début de l’interview, mon parcours prend forme début 2018, j’ai directement commencé par enregistrer plusieurs maquettes, que j’ai réuni tout au long de l’année précédente et j’ai gardé les meilleurs morceaux. Pour un premier projet, je voulais pas étouffer l’oreille du public, ça m’a amené à rassembler un EP de 7 titres, différents les uns des autres, mais qui relient bien mon univers. Ce projet s’appelle « Cèdre », il résume l’évolution de Salek entre ses débuts et l’année 2018, à la base il devait sortir en novembre, plutôt que le que le 1er mars, on a eu des petits soucis… 5 mois c’est pas négligeable surtout que depuis je me fixe un rythme soutenu. Cependant, pour moi c’était important de le sortir, il représente une solide base de ce qui va suivre très rapidement. L’ensemble a été produit par Lucci’ sauf « Dans l’Bail », et masterisé par Mister T en Suisse, que j’avais rencontré début 2018 en première partie des XTRM (Dimeh, Slimka, Makala) c’est beau.

Cèdre, pourquoi ?

Cèdre, déjà j’aime beaucoup le prononcer, c’est l’arbre qui figure sur le drapeau libanais, et c’est aussi une particularité du pays. Dans les montagnes il y a des forêts de Cèdres par endroit, c’est presque magique, et très représentatif de mon univers finalement. L’été dernier j’ai pu tourner des plans à 3000 m d’altitude, j’ai aussi appris à me servir d’une caméra haha… On a tourné des plans dans une des plus grandes forêts de Cèdres, justement pour le morceau éponyme du projet, j’avais envie de partager le lieu avec ceux qui m’écoutent, puis je trouvais ça assez atypique de rapporter ce genre de visu dans le paysage du rap francophone. Bon t’as compris que c’était une attache particulière à mon origine libanaise, que je dois à ma mère, ce premier projet c’est aussi pour elle, je trouve de la force dans son parcours. Cet EP c’est également pour marquer un temps de ma vie, j’y tenais fort, mais aussi un petit pas avant de vous présenter tout ce que j’ai en tête pour 2019 !

« Cèdre, prendre l’art dans son état le plus brut pour le transformer en quelque chose d’actuel »

Parle-nous de la cover, elle peut sembler abstraite pour ceux qui ne visualisent pas le Cèdre non ?

Je sais que ça peut paraitre abstrait, c’est fait exprès, je me suis dit que ceux qui captent pas, ça pourrait peut-être les pousser à chercher plus loin, et lier le tout sur le personnage. Mais du coup ça me définit, je suis quelqu’un comme ça, très accès sur le détail. Ça colle parfaitement à ma vision de la musique, je pense être très pointilleux, il suffit parfois d’un détail pour que tout change. Sinon j’ai bossé l’artistique de la pochette moi-même de la couleur à la typo j’ai eu mon mot sur l’ensemble. Heureusement, pour mettre à l’applique mes idées, avec l’équipe on a contacté Élisa Maya une personne méga douée, qui a réalisé le tout à la main, à base de taches d’encre (c’est très impressionnant à voir). Je suis très content de pouvoir me dire que mon premier projet a été fait de A à Z dans les règles de l’art, ça me représente bien dans la façon de voir ma musique, prendre l’Art au plus brut pour le transformer en quelque chose d’actuel.

Quel est ton programme pour cette année 2019 ? Tu prépares du lourd j’espère !

J’ai commencé l’année avec les idées plus stables que l’année dernière c’est déjà un gros point. Je bosse et me prépare pour plusieurs choses en ce moment, le Buzz Booster, des collaborations pour des projets musicaux, des scènes. Dans un coin de ma tête, depuis quelques semaines je travaille aussi sur un gros projet maintenant que j’ai posé ma patte avec Cèdre, je veux présenter quelque chose de plus dense, ça avance rapidement, j’attendrais le bon moment en 2019.

« La scène, un spectacle d’émotions dans un monde réel »

Quelle est la partie à laquelle tu accordes le plus d’importance dans la création de ta musique ?

Je prends mon pied à chaque étape dans la conception d’un morceau. De la sélection de prod à l’écriture, l’enregistrement, le mix, c’est beau de voir évoluer la chose, j’aime beaucoup donner mon avis quand on bosse ça avec Lucci (en vrai des fois ça doit surement le gaver en fait haha) plus sérieusement, j’essaye toujours de pousser les choses plus loin, c’est comme ça que j’évolue, pour avoir une vraie identité dans les mix, la finalité dans tout ça c’est que j’aimerais que ma musique sonne d’une façon unique. Sinon, j’ai une partie préférée dans tout ce petit cheminement, c’est la scène. C’est là où j’arrive le mieux à exprimer mes morceaux, je les interprète d’une façon totalement différente de la version studio, et le public vit une chose différente dans mes lives. On m’a déjà fait la remarque plusieurs fois je t’assure, je vous invite à venir faire le test, ce que j’apprécie particulièrement c’est de soigner tous mes lives et les adapter au mieux selon les évènements. Petit, j’ai toujours été impressionné par les interprétations qui pouvaient t’embarquer, que ce soit du sport, du théâtre… tout ce qui touche au spectacle dans le monde réel. Pour moi c’est un rêve de gosse de pouvoir faire voyager quelqu’un dans ton monde le temps d’un concert, et c’est là où je me sens moi-même, c’est magique.

Un souvenir de concert ?

J’en ai plusieurs, mais vas-y je place le dossier haha, c’était en juin 2018, à l’occasion des RDV hip-hop de Lille Saint-Sauveur avec Loud, Rémy etc… un gros événement hip-hop devant des milliers de personnes qui comptait énormément pour moi. Avant de monter sur scène, j’ai voulu vider mes poches pour tout poser sur la table de mon DJ (le fameux Hagrid), et je me suis pris son enceinte de retour comme une merde, je voyais rien ! Comme un idiot j’avais mis des lunettes quasi opaques (sûrement pour me rassurer face à tout ce monde ahaha).  Bref, j’ai entendu des gens du premier rang rire, du coup j’me suis forcé à rire puis à lever le pouce alors que j’avais extrêmement mal. Je me suis mis sur le côté, j’ai relevé mon survêt, j’ai vu que mon tibia était pas mal ouvert et que ça saignait plutôt fort, du coup j’ai relevé le côté droit tout le long de mon set ahaha…Ça fait un peu barbare sur le coup, mais le temps de mon set j’avais zappé la blessure. À la fin, je me suis quand même rendu à l’infirmerie, la dame qui s’est occupée de moi m’a conseillé d’aller immédiatement me faire recoudre, mais je ne voulais pas gâcher le moment que je vivais avec toute mon équipe. Aujourd’hui ça m’a appris à mieux visualiser ma scène avant de monter, ça m’a offert une belle cicatrice qui restera surement à vie, mais au moins je m’en rappellerai haha.

 

Pour finir à qui passes-tu le cimer ?

À tous ceux qui soutiennent, et à tout mon entourage, Cimer à vous pour ce moment !

Salek.

Rédigé par Elyse Wibault.

 

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