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On a pris l’apéro avec la génialissime illustratrice : Superfeat !

le 7 mars 2019

On a pris l’apéro avec la génialissime illustratrice : Superfeat !

Jeudi dernier, la charmante Superfeat nous a rendu visite pour prendre l’apéro, et découvrir notre merveilleuse équipe. Accessoirement, elle nous a parlé d’elle, et d’un art qu’elle maitrise sur le bout du crayon : l’illustration !

Cette rencontre fût très instructive ! Musiciens, graphistes, illustrateurs, sortez votre copie double, il va falloir prendre des notes.

 


Salut, Clémence, peux-tu te présenter ?

Hello, je suis Superfeat, je fais de l’illustration et de l’animation depuis plusieurs années. J’aime bien dessiner !

Tu vis sur Paris c’est bien ça ?

Exactement, dans le 10eme, à Strasbourg-Saint-Denis.

Tu fais ça depuis longtemps ?

Je dessine depuis très longtemps, j’ai eu mon diplôme à l’école Estienne en 2013. J’ai commencé à me dire que je ferai de l’illustration en 2014, ça c’est fortement intensifié depuis 2018.

Qu’est-ce qui t’a poussé à commencer ?

Comme j’ai fait des études des études de graphisme, BTS, suivi d’une mise à niveau en art appliqué, les études m’ont soulée, et j’ai voulu travailler. Le graphisme en lui-même me plaisait pas trop, donc je me suis orienté vers le dessin.

 

Tu bosses de quelle manière ? Sur quels logiciels par exemple ?

Photoshop pour les illustrations, Flash pour les animations, il faut que je me forme sur d’autres logiciels plus contemporains. Sinon, je travaille de manière digitale, je dessine sur une tablette.
Pour les idées, souvent j’ai des phrases précises qui trottent dans ma tête, et je cherche des images pour illustrer ses idées. En plus de la veille sur Tumblr , Instagram, les expos, j’essaye de me cultiver tous les jours pour me nourrir. Soit je prends des photos, soit je fais des montages, et ça m’aide pour les dessins. Je redessine des images, les réimagine. Je réutilise la forme du corps par exemple, et je la retravaille en fonction de ce que j’ai en tête.

Pour son clip, le rappeur Tyranik voulait une Aston Martin Vanquish, j’ai pris une image de la voiture et je l’ai animée, les images sont des supports permettant d’améliorer mon travail, de m’inspirer.

 

J’imagine que tu as rencontré pas mal de difficultés ?

Au début c’était les clients, j’en avais peu, financièrement c’était et c’est encore compliqué. En fait, ça dépend des mois, c’est un boulot précaire. C’est la plus grosse difficulté, et je suis seule, je doute. Maintenant j’ai mon agent, qui représente un pilier dans mon travail. Ça fait murir les projets d’avoir des retours critiques. Puis j’ai trouvé une solution pour obtenir des projets pros, je me suis commandé des trucs à moi-même. J’alloue une partie de ma journée à des projets personnels. Je me fais travailler, c’est un peu un truc de schizo, mais ça m’aide à me développer, à entretenir ma créativité, et à me remettre en question.

Tu as un univers assez fantasque, tu t’inspires de quoi ?

Il se développe avec le temps, et il continue d’évoluer. Plus je dessine plus ça change. C’est marrant au début c’était du noir et blanc, puis que des dégradés, et maintenant je mélange les couleurs et ça vient assez naturellement. Mon inspi, c’est tout ce que je vois, je fais un énorme travail de curation juste pour moi. Ça fait des années que j’emmagasine des tonnes d’images pour plus tard, j’ai un énorme stock. Ça fait naitre des phrases, des idées que j’illustre par la suite. Tout peu m’inspirer, les illustrateurs, photographes, le cinéma ou la musique…

 

Comment fonctionne ton processus créatif ?

Par exemple, un jour j’avais une idée de phrase en tête. Il y avait la photo d’une pote, et la phrase lui correspondait trop, du coup j’ai fait un portrait d’elle avec cette phrase. En fait cette phrase représentait plein de filles, et la série est née comme ça. Des fois ça part d’un rêve, quand je me réveille le matin, c’est abstrait et je concrétise l’idée. Les idées naissent souvent par analogie, des rencontres avec des gens ou des images. Souvent c’est inconscient, des phrases tournent en boucle dans ma tête. Je travaille différemment avec les clients. Je pars d’un brief, d’un moodboard, soit il a une idée précise soit c’est super flou. Après je fais un travail de recherche, je vais dans plusieurs directions différentes et les idées viennent seules, elles se retravaillent avec le temps.

« Les idées naissent souvent par analogie, des rencontres avec des gens ou des images. »

 

 

 

Comment as-tu décroché ton premier contrat rémunéré ?

J’ai eu de la chance, les gens m’ont toujours contacté. Les vrais clients sont toujours venus vers moi. Un de mes premiers gros contrats, c’était des Gifs pour une boite de pub norvégienne. Ils m’ont connu grâce au bouche-à-oreille, c’est quasiment que ça. Ou via insta, j’ai eu pas mal de demandes. Insta c’est une super vitrine !

De quelle manière travailles-tu avec les artistes ou labels ?

J’suis artiste auteur, le statut des graphistes, DA, illustrateurs lié à la maison des artistes. J’ai encore peu d’expérience avec les labels car je débute. J’ai par exemple travaillé avec le label Roche musique dans le cadre d’un clip pour Plage 84. C’est lui qui m’a directement contactée et nous avons lancé le projet. Pendant la réalisation du clip, avec Plage 84 on parlait exclusivement de création pendant que ses managers et mon agent s’occupaient du « cadre ». Mon agent fait un travail de démarchage, de négociation, mais aussi un suivi créatif, elle est à mon écoute, elle me donne son avis sur mon travail. C’est un vrai dialogue de confiance, je suis heureuse de travailler avec elle ! Elle est dans l’agence Newcomers. 

 

Tu es liée à la musique, parle-nous de tes goûts musicaux ?

J’écoute Alain Souchon, André 3000… Non je rigole, j’essaye d’être assez éclectique, en ce moment j’écoute en boucle un mec qui s’appelle Steve Monite, Only you, du groove, beaucoup de rap et de hip-hop, de jazz, plein de trucs. J’adore Alain Souchon.

 

Il y a des aspects de ton art que tu aimerais développer ?

Grave ! J’en ai trop, j’ai l’impression de vivre des vies parallèles, je m’imagine lancer plein de projets, marque de fringue, bar à chicha… Je commence à filmer avec mon petit caméscope, à faire plus de prises de vue réelles, à peindre, à faire des collabs avec des marques de vêtements, plein de trucs. Y a beaucoup de choses qui m’intéressent. Une chicha karaoké avec un soir par semaine une soirée Top Chef, tout le monde mange de fou. A la place du foot, c’est prometteur !

Aurais-tu quelques artistes d’exceptions à nous recommander ?

En ce moment c’est rigolo, j’écoute plein de vieux trucs, toute la disco de Kanye, les trucs qu’il a samplé pour faire ses musiques, pleins de vieux sons de jazz. J’traine beaucoup sur Soundcloud, j’aime bien Alpha 520, Alpha 520 et Rick Ross. J’écoute les artistes que Cimer recommande sur son feed, Cimer c’est la folie !

Sans filtre, c’est quoi ton plus grand rêve ?

J’aimerais beaucoup beaucoup bosser plus avec l’étranger, bouger ailleurs, comme je suis illustratrice, je peux bosser partout, dès qu’il y a internet. J’adorerais aussi faire un clip pour Aya Nakamura, ou de gros rappeurs, avec une équipe dans laquelle on peut s’apporter des choses.

Si on t’accorde 1 million d’euros, c’est quoi ton premier réflexe ?

Je m’achète plein de chaussures, non j’rigole je m’achète un appartement pour ne pas payer de loyer, oui non c’est nul. J’aimerais voyager ou pouvoir financer des projets. Monter une collection capsule de fringues. Puis j’investis direct dans Pokawa !

Aurais-tu un message à faire passer à tous les jeunes artistes ?

Je me considère encore comme débutante, mais le conseil ce serait déjà d’être son propre client et d’être exigeant, avec soi-même, et avec les autres. De bosser avec des gens, avec qui on a un bon feeling. De ne pas prendre tout et n’importe quoi, de chercher le like à tout prix. Il faut s’interroger tous les jours, avoir une intelligence créative, faire de l’analogie. Aussi, le truc le plus important que j’ai vu en rencontrant des gens, beaucoup ont de belles idées, mais n’en font rien… Souvent, je commence plusieurs projets en même temps et seulement certains aboutissent. C’est ma manière de fonctionner : pour finir un projet, j’en entame plusieurs, mais ça me permet d’aller jusqu’au bout !

« le conseil, ce serait déjà d’être son propre client et d’être exigeant avec soi-même, et avec les autres. »

Cimer!


 

 

 

 

 

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