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On a discuté avec Kaba, le nouveau G grenoblois !

le 18 avril 2019

Depuis le dernier projet Multifruits II de Théo Juice, je l’avais prévenu, la voix veloutée-chaloupée de son pote Kaba arrivait bientôt à son tour sur les plateformes. Chose faite depuis ce début d’avril : le jeune rappeur originaire de Grenoble a sorti son tout premier opus, Velvet Bleu.

Même si Juice apparait sur le morceau Keta (Yeong michin à la prod), et nous ravit d’un beau couplé kické, Velvet bleu est définitivement un projet solo, qui nous dévoile un peu plus du personnage Kaba Bangz, ainsi que des différents styles où il peut nous emmener. Des bangers à faire suer des clubs aux ballades décapotables en bord de mer, focus sur les rêveries d’un promeneur solitaire.

 

La dernière fois que je t’ai vu, tu quittais l’Australie après un long voyage et un objectif en tête : rentrer tout péter. Comment ça se passe un an après ? 

Et bien j’ai sorti le projet! Mon but c’était de faire découvrir ma musique aux gens et d’acter un premier chapitre pour moi. Je voulais montrer de quoi j’étais capable dans différents styles qui me portent. Sortir des sons les plus diversifiés possible, surprendre et faire kiffer les gens qui ne me soupçonnaient pas ou ceux qui m’attendaient.

Justement à travers les styles que tu installes, on arrive à cerner un peu plus le personnage. Pour moi, tu es un peu un croisement entre un mec cool qui joue de l’ego trip et un jeune loup en costume blanc, un peu mystérieux et mélancolique. Tu me fais presque penser à un nouveau genre de crooner moderne, que l’on croiserait au hasard d’un bar tamisé.

Haha! C’est exactement ça! Les deux parts, colorée et sombre, d’un gentleman un peu filou (rires). Un mec chill qui rêve de réussite et de velvet bleu. Sur le morceau Martini & pornstar par exemple, ou sur Lipstic, c’est totalement l’image du crooner que tu décris que je voulais installer. En tête, j’avais le décor d’un rooftop qui surplombait toute la ville, que j’adorais d’ailleurs, le Lui bar, à Melbourne.

Tu parles de l’Australie, dans tes textes y’a aussi beaucoup de ride en Europe, dans quelles mesures les voyages t’inspirent ? 

Le voyage c’est un moment spécial où tu sors de ce que tu vis d’habitude, de ta zone de confort et où tu te retrouves ouvert à de nouvelles langues, de nouvelles mentalités ou paysages. Tous tes sens sont éveillés à la découverte, aux odeurs etc. Ça t’ouvre une porte à l’introspection je trouve. Et du coup ça te donne de nouveaux mots et sensations à écrire. C’est toutes ces ambiances étrangères que j’essaie de retranscrire.

Pourtant tu viens de Grenoble et quand je pense à ta ville ce n’est pas forcément l’été cocktail et les chaleurs piscines auxquelles je songe en premier, or c’est une ambiance que l’on retrouve beaucoup dans tes sons. Le soleil ne te vient que de tes rêveries d’évasion ? 

Non, le soleil vient aussi je pense, des musiques que j’écoute. La vibe Californienne par exemple m’a beaucoup influencé, Snoop Dog, Warren G, les artistes de G funk, mais aussi les ambiances un peu Malibu et rétro futuriste de la fin des années 2000, que l’on retrouve dans la Vapor wave, en autres. Je pense qu’il vient de là l’aspect ride et le sunset.

As-tu d’autres influences en dehors du hip-hop? 

Mmh, j’ai fait du saxo et du solfège jusqu’à mes 14 ans et ça m’a ouvert à des styles plus old school comme le Jazz ou la Soul notamment, d’où peut être l’attitude de crooner (rires).

Tu codes pas mal ton langage en mixant l’anglais, le français, l’espagnol, l’allemand et même de l’argot de Grenoble, il y’a une raison particulière ? 

Haha je ne sais pas, ça vient assez naturellement. Je choisis mes mots pour leurs sons et parfois ça sonne juste mieux traduit dans une autre langue. Pour l’allemand par exemple, je trouve que ça apporte une certaine structure, une dureté qui va, du coup, contraster et casser le côté suave et sucré des ballades. Y’a eu la tendance de ramener de l’espagnol je me dis pourquoi pas l’allemand, ça apporte peut être une nouvelle couleur sonore.

Te poses-tu une limite pour qu’on te comprenne? 

Non pas besoin. Si les gens veulent comprendre ils posent des questions ou alors ça rajoute au mystère. Je pense que la langue hybridée c’est très générationnel et va devenir de plus en plus commun, on voyage et on est tous connectés, j’ai l’impression qu’on a pas de problème à se comprendre tous.

De ta bouche ou de celles de tes potes Tortoz, Juice, qui viennent de Grenoble comme toi, j’ai souvent entendu l’expression « monter à Paris ». Est-ce la position géographique à laquelle vous faites référence ou à l’image de Paris, passage obligé pour percer en musique? No offense, ça vient de quelqu’un qui vient de Rouen. 

haha! Pour moi c’est plus la localisation oui. Je pense que Paris n’a clairement plus le monopole des talents. Encore une fois, les réseaux sociaux nous permettent aujourd’hui de poper en un partage, en un bon timing. La scène rap se décentralise, à Lyon, à Bordeaux, Montpellier, Toulouse.. Y’a des scènes partout, jusqu’en Belgique ou en Suisse. On le voit bien, le rap n’est pas parisien mais clairement juste francophone. Après, venir à paris reste toujours pratique pour rencontrer des contacts, enregistrer en studio en commun, etc.

« VidaSquadra » vie avec l’équipe je suppose, c’est important pour toi?

Vie avec l’équipe et l’équipe à vie ouais, c’est essentiel pour moi! J’ai une relation fraternelle avec tous mes potes s/o ma CDF, et bosser avec eux est une chance d’avoir des gens qui te connaissent vraiment et qui sont en adéquation avec ta vision et ce que tu veux transmettre. Que ce soit musicalement parlant avec Théo par exemple, ou visuellement parlant dans l’esthétique des clips ou des pochettes.

D’ailleurs la cover du projet, c’est une amie qui te l’a faite non ? 

Oui! Elle s’appelle Louise Chevallet et elle a taffé ça fort ! L’idée c’était de reproduire un collage un peu old school comme le cd d’une fan des débuts de Kaba, une ado du collège qui aurait collectionné des photos et raturé des mots. Y’a même un bisou au lipstick au dos. J’adore le résultat, y’a beaucoup de boulot et Louise a vraiment créé l’ambiance que je cherchais. Et puis, c’est un clin d’œil voulu et contrasté avec le titre, Velvet bleu, qui illustre plutôt le rêve de maturité, d’adulte, un confort à atteindre.

 

KABA

 

Depuis ton vaporetto, ton deux roues, ton Thalis, il y a un bien un cap que tu vises, quel est le prochain qu’on peut te souhaiter?

Et bien d’autres projets déjà, des nouveaux voyages et des concerts. J’accompagne Juice sur scène au printemps de Bourges ce week-end, venez en masse!!

« Faire jumper la France, gros c’est ça l’idée »? 

Yessss !! C’est ça !

(Rires).

Article rédigé par Manon Lefébure, Cimer!

KABA

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