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On a interviewé Mazoo au sujet de son nouvel album « Dualité » !

le 23 mai 2019

On a interviewé le rappeur Mazoo, fondateur du collectif Lyonnais Nouvelle Conscience. En pleine ascension, il nous parle de son parcours, de sa vie personnelle et surtout de son album « Dualité » sorti il y a 3 semaines !

Déjà magistral dans son précédent projet « Ah gars la tape vol.II », Mazoo confirme son ascension avec « Dualité ». Un album de 19 titres, rythmé et alimenté par de belles basses 808. Toujours aussi atypique et déjanté, il saura vous faire vibrer.

 

Mazoo

Hello Mazoo, ça fait combien de temps que tu fais du son ?

Ça fait maintenant 4 ans que je fais du son, si on compte mes premiers textes, mes premiers sons écrits. Ça fait maintenant 4 ans que j’écris.

Tu as commencé comment ?

Alors, j’ai commencé avec un poto de Rive-de-Gier qu’on appelle Stitch. Je faisais beaucoup beaucoup d’impros avec lui sur des prods boom bap, old school… Et à force de faire des impros il y a mes amis d’enfance So Sama et Rolla qui se sont rajoutés. On a commencé à bien délirer, on a toujours kiffé le rap. Rolla a commencé à faire ses premières prods sur Ableton, puis on a fait des impros un peu plus techniques sur des phases A.

Ensuite j’ai rencontré un G qui s’appelle Pshock. II faisait partie d’un groupe qui s’appelait Leanionaire. On a parlé pendant longtemps sur Whatsapp, les premières connexions se sont faites là. On s’est envoyés les premiers freestyles sur des prods à Rolla. Donc je suis rentré dans Leanionaire mob avec Rolla, et So Sama.

Tout a commencé sur Whatsapp avec des petits enregistrements audios, et ça a fini sur le cloud avec un premier projet Leanionaire Mob, quasiment entièrement produit par Rolla. Pour l’anecdote, c’était Pshock qui mixait mes morceaux sur son ordinateur, et il prenait mes audios sur Whatsapp. Donc mon premier projet était fait à base de vocaux Whatsapp mixés à distance, parce qu’il faisait ses études en Amérique haha.

Il y avait aussi un petit groupe Whatsapp très futuriste qui date d’il y a 3/4 ans. Dans ce groupe il y avait Retro X, Slimka, Lala, Fascio, moi-même, Rolla, c’était le début on n’était pas trop connu, ça s’envoyait des vidéos, freestyles, des maquettes. Un petit groupe qui a fort muri aujourd’hui.

Comment définirais-tu ton univers ? Dans quel style tu t’épanouis le plus ?

Comme je fais les choses de manière assez spontanée, au feeling, j’ai du mal à mettre des mots derrière tout ça. Je pense que c’est 80% d’egotrip, j’aime beaucoup trouver un thème dans une prod, une couleur, et de faire groover ça. On va ajouter 20% d’éveil, j’essaye de poser des mots clés, peut être que le son va t’apporter quelque chose sur quelque mots, sur une phrase.

Mon univers je le qualifierais de multiple, de varié, je ne me pose pas de barrière. J’aime la musique sous tous ses aspects. J’ai l’impression que ma première fenêtre ça a toujours été le rap, Time Bomb, Lunatic… Mais j’adore la musique en soi. En solo j’écoute même plus de rap, j’écoute du jazz, du blues… Je dirais que mon style est indéfinissable haha.

J’aime bien quand c’est minimaliste aussi, quand l’artiste trouve une idée qui qualifie tout son morceau, c’est un peu ce que j’essaye de faire. Ça peut être un BPM très rapide, ou ça débite, ou c’est énervé, pour pouvoir ensuite tout niquer sur la scène. Comme ça peut être très lent. En ce moment, j’aime beaucoup faire des sons avec une voix plus grave, parce que j’ai des teintes de grave encore peu exploitées. Je suis fan des anciens sons d’rap à la David Banner où les mecs chuchotaient presque. Il y avait une espèce de sensualité, a la limite du RnB et du hip-hop.

Mazoo, tu peux m’en dire plus sur ton collectif « Nouvelle Conscience » ?

Donc mon équipe Nouvelle Conscience est composée de mes amis d’enfance, ça fait une dizaine d’années que je connais Rolla et So Sama. On a évolué ensemble musicalement et humainement. C’est mes 2 frères d’armes, je pense que c’est ce qui fait notre force. On se fait confiance, on pourrait se confier nos vies, on est en phase total, on se comprend et on se complémente. Ça marche sur scène, dans la vie, en soirée, ça marche tout le temps.

Donc Rolla, le producteur du groupe, produit quasiment tous nos projets, il est avec nous sur scène. Il assure de fou, il est fort musicalement, il a une oreille folle !

So Sama qui est un peu plus vieux que moi, c’est mon grand reuf, mon meilleur ami. Il est vraiment trop fort ce gars-là, tout ce qu’il entreprend il y arrive. Il a sa boutique, « Les Pièces vintage » qu’il a montée avec un poto à nous qui s’appelle Samouraï, S/O à lui c’est le frère, c’est mon équipe.

Nouvelle Conscience c’est une entité qui nous représente vraiment. C’est une bande de potes ayant évolué en groupe, avec du respect, des valeurs. On n’essaye pas d’avoir un côté moralisateur mais je pense qu’on a compris certaines choses dans la vie que l’on essaye de montrer avec certains sons.

 

On a écouté « Dualité », il y a 19 titres, c’est beaucoup ! Il t’a fallu combien de temps pour réaliser ce projet ?

Ouais 19 tracks c’est beaucoup. Je ne me mets aucune barrière dans la productivité. Ça peut durer 1 an, peut être moins. Je peux faire 10 morceaux en 2 semaines. Et après 9 autres dans l’année, parce que je vais faire plein d’autres trucs en parallèle. J’aime bien envoyer du son, et après je fais une sorte de compil. À aucun moment je n’ai employé le mot album, le jour où je ferai un album ce sera un véritable album. Pour le moment, c’est des compils de ce que j’ai fait, des sensations que j’ai, un avant-gout de ce que je suis capable de faire musicalement.

Il n’y a aucune prétention, c’est un condensé de tout ce que je fais, sur 1 an souvent. Les codes je m’en tape, le nombre de tracks etc… J’ai envie aussi que les mentalités changent là-dessus. Si je sors un 19 titres c’est pas forcément un album. Si je sors un single, il ne sera pas forcément clippé, et ce n’est pas parce que je sors un album que je ne pourrai pas sortir un son gratuit le lendemain sur Soundcloud. Je ne censure pas ma productivité, je fais ce qui me parle le plus, tout en pensant à ce que veulent les autres. Je respecte le rythme des artistes qui savent se faire attendre en faisant dans le qualitatif. Moi j’suis plus dans la surproductivité, dans mes projets j’envoie la sauce haha !

Pourquoi « Dualité ? De quoi parle ton projet ?

Je suis vachement axé sur la dualité, les opposés de chaque chose. Le blanc le noir, le bien le mal, j’estime qu’il y a du bon à prendre dans chaque chose. Il y a du positif partout, c’est très utopiste, mais j’assume j’suis un utopiste haha ! En gros, le projet parle de dualité de par sa complexité et sa diversification. Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de morceaux qui se ressemblent, et je suis finalement en dualité avec moi-même. Au final, cet album est ma propre dualité, ma recherche constante de singularité. C’est comme plein d’horcruxes de moi-même déversés dans des titres. Ce projet c’est mon propre combat vers la singularité.

Finalement quels sont les thèmes qui t’inspirent le plus dans l’écriture de tes morceaux ?

Alors les thèmes qui m’inspirent le plus, je dirai la banalité du quotidien, l’humanité… Les sentiments, les réactions, les attitudes, les gens en général. L’homme m’inspire beaucoup, le cinéma, l’art oratoire, le rythme, l’éloquence. Mais le thème central est vraiment l’humanité !

C’est quoi les morceaux dont tu es le plus fier ? Ceux qui te définissent le plus ?

J’ai l’impression que mon âme est déversée par petites doses dans chacun de mes morceaux. Tu prends « Subtile » prod Rolla, « Boss » prod Amnesia, et « Techniques ancestrales », et tu as le mélange de tout ce qui me définit musicalement. Énervé, calme et technique haha.

 

Tu fais tout en indépendant ou tu es signé en label ?

Tout est fait indépendamment. J’enregistre dans un studio qui s’appelle Kasanostra, mon ingé son est un génie, il s’appelle Maël. On travaille ensemble il a su me faire confiance, ce qui fait qu’on a un lieu de création incroyable avec Nouvelle Conscience. Il se trouve dans Lyon, c’est secret, ils tiennent à leur indépendance, c’est un lieu très très important pour moi, j’y ai enregistré tous mes projets. C’est indispensable pour mon épanouissement musical. Donc on est indépendant, mais avec des gens derrière qui nous donnent de la force, du love.

Tu fais de la musique à plein temps ?

Oui, je fais de la musique à plein temps. J’aimerais vivre de mon inspiration, même avec un petit salaire je serais le plus heureux du monde. Donc oui, mais j’aspire à développer encore mes projets, j’veux des fuckings tournées !

Concert à La Boule Noire le 26 juin, c’est ta première date à Paris ? T’es pressé ?

Oui, concert à Panam c’est du lourd. Je pense qu’on va venir bruler la capitale. Dans nos auditeurs c’est les premiers, on les a fait languir. On a commencé avec la province, les gens qui nous suivent d’Angers, Bordeaux… Avec Nouvelle Conscience on a prévu des morceaux exprès pour l’évènement. On va sortir un ou 2 clips juste avant Paris, donc ouais, attention !

(Choppe ta place ici : http://www.laboule-noire.fr/spectacle/nouvelle-conscience/)

 

Mazoo

D’autres dates de prévues prochainement ?

Le 8 juin on va à Rennes, avant Paris, et après je ne connais plus trop les dates il faut voir avec ma manageuse, heureusement qu’elle est là ! Mais il y a des délires de fou, dans des châteaux et tout qui arrivent, on est prêts ! On adore Genève, l’ouverture d’esprit musicale, et les gens qui sont là-bas, ça tue !

 

Mazoo

Quel est ton meilleur souvenir de Live ?

Alors mes meilleurs souvenirs de live, j’suis partagé entre les premiers concerts qu’on a organisés nous-mêmes avec So Sama à La Marquise. Les premiers concerts avec Nouvelle Conscience c’était vraiment la rage, le feu, on était proche des gens. C’était une mini estrade, le son était rock, sur une péniche, ça tanguait il y avait de l’eau qui suintait des côtés. On est toujours prêts pour des salles où on peut sentir les énergies. Puis, aussi la date à Angers, j’étais solo, les gens étaient sans tabou. Dans la vie il y a les fans qui n’assument pas et les gens sans tabou, ils sont beaux ils te permettent d’exister correctement. Il y aussi mon dernier concert à Lille avec Alkpote, j’étais avec Rolla. Moi je filme beaucoup ce qui m’entoure, et je mets tout dans ma story. La, on avait décidé de ne pas filmer So Sama pour faire croire aux gens qu’il n’était pas avec moi. Et il est rentré, les gens ne s’y attendaient pas, et quand ils l’ont vu arriver ils sont partis en couille, c’est un beau souvenir qu’on a en équipe.

À quand le prochain clip ? Allez Mazoo on veut des exclus !

On a fait un morceau exclusif avec So Sama qui s’appelle « Nouvelle Conscience en approche », prod Rolla évidemment. Avec un peu de chance, il sort avant le concert à Paris sur la page YouTube de Nouvelle Conscience. Il devrait même y avoir un clip de moi qui émane de Dualité juste avant, le morceau « Hrtz » prod Rolla. Dans la logique il y aura donc « Hrtz » et « Nouvelle Conscience en approche » en exclusivité avant le 26 juin à Paris.

Aussi, So Sama prépare un projet solo qui va arriver bientôt. Je peux déjà vous dire que ça va être explosif !

Si tu pouvais faire une musique avec un artiste de ton choix, français ou international, ce serait qui ?

En français, je ne sais pas j’ai l’impression que tous les gens que j’avais envie de feater je les ai featé. Et ceux que j’aimerai feater je pense qu’on va feater. Donc je ne vais pas donner de blase parce que je pense que ça va arriver. Et en américain, moi je verrai bien Hoodrich Pablo, déjà Hoodrich. Sauf que je ne comprends rien en Anglais, lui ne comprend rien en Français, on ferait des morceaux où personne ne se comprend. Et en français je n’aime pas du tout ce que j’entends. Il y a quand même des G qui sont chauds, Bitsu, Wit., Jorrdee, Jeune Loup, Makala Etc… Je leur donne le love fort ! Puis je m’en fou, j’ai featé avec So Sama déjà, c’est le gars le plus chaud du rap français haha.

Il y a des projets que tu saignes en ce moment ?

Moi les seuls projets que je saigne, c’est des projets de piano, de BO japonaises, musiques de cinéma, j’suis dans des moods comme ça. J’ai bien écouté le dernier projet de Hoodrich Pablo, Osirus Jack aussi est très très chaud, le projet à Wit. tue. Il y aussi le projet à Bitsu « Lemonde » qui déchire. Puis, à la base c’est pas trop mon délire mais j’ai bien kiffé le dernier projet de Kalash Criminel, il punch dur, les prods sont bien choisies et en plus il fait rigoler, son dernier projet j’ai validé ! Après, moi j’suis bizarre j’écoute de la flute tantrique, Electric Youth, faut que vous regardiez c’est de la folie furieuse. Mais je pense surtout que je vais saigner le projet de Nouvelle Conscience en pleine préparation hehe.

 

Mazoo tu passes le Cimer à qui ?

Je passe un Cimer à Maël mon ingé son, le mec de l’ombre qui travaille des nuits et des nuits sur nos morceaux, une joie de vivre complète. Je dis Cimer à mon équipe, So Sama, Rolla, et à ma manageuse qui est limite une nouvelle maman. Enfin, Cimer à toutes les personnes qui nous suivent et donnent de la force tous les jours, Cimer à Phazz aussi qui est un grand G. Puis, Cimer à vous aussi bande d’enflures.

Cimer à toi Mazoo !

 

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