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On a rencontré Assy de l’ODP pour la sortie de « Rayons » !

le 13 juin 2019

On est parti à la rencontre d’Assy, rappeur du célèbre groupe parisien l’Ordre du Periph. Vendredi dernier, il a sorti son second projet solo : Rayons. Perdu entre ciel et limbes, Assy prend son envol et se dévoile sous un nouveau jour. Une réussite en tous points.

Cette longue discussion nous a permis de découvrir, ou plutôt de redécouvrir, un artiste rayonnant de talent !

 

Assy

Hello Assy, d’où te vient ton blase d’artiste ?

Ça n’a pas de signification particulière, après ça a une signification pour moi, mais je la garde secrète. Assy, voilà on va dire ça comme ça.

Tu viens d’où ?

78, dans la campagne, je ne suis pas parisien au départ, mais maintenant j’habite à Paris.

Tu as quel âge ?

24 ans.

On se demandait, dans la troupe ODP, c’est quoi la tranche d’âge ?

22, 24 ans, c’est moi le plus vieux il faut le dire (rires).

T’as commencé comment la musique ?

Ma mère m’a mis à la musique grave tôt, j’ai fait du saxophone, du piano, du solfège et tout… Après j’ai commencé à écrire, mais c’était pas vraiment du rap, c’était juste des trucs à la va-vite, et au fur et à mesure, à force d’écouter du rap, tu sais ça a toujours été dans l’ambiance 1995, L’entourage, je me suis buté à ça et c’est venu petit à petit.

Tu te souviens du premier son rap qui t’a marqué ?

Je crois que le son rap qui me marque tout le temps c’est Booba – Ma Définition, ou Sniper – Gravé dans la roche, un des deux.

 

Et ton parcours scolaire ?

J’ai mon bac et un diplôme d’ingénieur du son.

Tes proches et ta famille te soutiennent dans tes projets ?

Fort ! Au début je m’en cachais un petit peu, mais maintenant ma mère est à fond dedans, ça me fait rire, elle vient à mes clips et tout, elle est à fond dedans donc c’est lourd.

Ta mère vient à tes concerts aussi ?

Une fois. C’est moi qui ne veux pas trop qu’elle vienne, mais elle est venue au Fnac Live avec ODP. C’était le fire de ouf donc c’était l’occasion qu’elle vienne pour la première fois. Elle est venue et elle a kiffé !

Et sinon avant ODP tu faisais quoi ? Quelles étaient tes passions ?

Le rap, on va dire que c’est ma seule grosse passion depuis que je suis petit. Donc oui, j’écrivais tout seul chez moi et puis avec ODP (L’Ordre du périph) on s’est rencontrés et c’est devenu un peu plus sérieux. Et maintenant on est chacun dans nos trucs. Mais pour te répondre, oui, ça a toujours été le rap, d’abord la musique en général, puis plus précisément le rap.

En parlant de ODP, comment vous êtes-vous lancés ? Ça fait 2 ans il me semble ?

Un peu plus, je pense que ça va faire trois ou quatre ans, un truc comme ça. Youv Dee connaissait Arsn du lycée, moi j’ai rencontré Youv Dee en Open Mic, Swan aussi était dans le truc. On rappait ensemble, et on a toujours eu l’idée de former une entité de gens déterminés pour faire du son. Au début on était beaucoup plus, finalement ça s’est restreint à nous quatre.

 

Comment ça se passe justement la vie en groupe ? Vous arrivez à vous mettre d’accord ?

(Rires) c’est les galères du groupe tu connais, surtout qu’on est chipoteurs de ouf… On se prend pas tout le temps la tête, mais c’est juste qu’on veut toujours que le truc soit parfait. Après il faut bien faire des choix, il faut trancher !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer en solo ? De prendre ton envol ?

Comme je disais au début, c’était compliqué de faire des morceaux tout seul donc c’était cool de démarrer avec ODP pour savoir faire de bons morceaux à quatre. Juste un couplet à poser, et puis chacun ajoute sa petite pièce au morceau. Puis à un moment, je sais pas, j’avais envie de faire un morceau tout seul, un truc qui me ressemblait un peu plus. Du coup j’ai fait « Kinto ». J’avais bien bossé dessus, mais c’était pas encore ce que je voulais vraiment… C’était bien, mais on va dire que « Rayons » est la suite de « Kinto », c’est presque « l’évolution ».

Tu fais de la musique à temps plein ?

Ouais à temps plein.

Comment ça se passe quand tu crées un son ?

Je n’écris pas chez moi, j’écris beaucoup en studio. Donc souvent quand j’suis au studio avec Wizman ou Skuna. On démarre, on fait des prods, et moi je top line dessus. On essaye de voir comment amener le truc, et après je commence à écrire, puis au fur et à mesure le son se fait. Il n’y a pas vraiment de processus créatif, c’est automatique. Beaucoup d’échanges entre moi et le producteur. En plus je ne travaille qu’avec mes potos donc il y a pas de barrière. S’il me dit que c’est nul, c’est nul, s’il me dit c’est bien, c’est que c’est bien, tout va bien c’est automatique. Avec le temps, on a appris à bosser ensemble.

Tu bosses avec qui sur les prods ?

C’est Skuna, Wizman, Tommy on the track, Sheldon, Dee Eye… 

J’ai écouté Kinto, et quand on voit les covers, idem pour l’Ordre du périph, il y a clairement une influence animés, mangas. D’où ça te vient, et qu’est-ce qui te plait dans cet univers ?

En vrai, il y a beaucoup de fraternité, c’est tout le temps les reufs ensemble. C’est un peu ce qu’on vit avec ODP. On est tout le temps ensemble, c’est la famille, s’il y a un problème on règle tout en famille, c’est ce côté-là. On est surtout fans de One Piece. C’est un peu notre manga, on l’a grave regardé avec ODP, Youv, Arsn… Bon, ils sont plus avancés que moi, mais ouais, la fraternité, le fait d’être toujours ensemble, d’être solidaire, c’est l’amour, et je kiff ça !

 

S’il y avait un manga que tu devais conseiller à un novice ?

Je ne conseillerais pas One Piece directement, parce que 800 épisodes c’est compliqué… Ni Naruto, mais peut-être Death Note, c’est un classique. Parasite c’est chaud aussi, c’est cool et assez court, mais c’est trash (rires) !

Quel est le personnage de manga auquel tu t’identifierais, qui est vraiment Assy ?

Ah je suis obligé de dire Franky, c’est mon personnage sûr dans One Piece !

T’es déjà allé au Japon ?

Jamais, mais putain qu’est-ce que je kifferais ! Bientôt j’espère.

On a écouté ta nouvelle mixtape en avant-première, elle est vachement cool ! On t’a trouvé plus doux que dans Kinto, ou dans ODP. Qu’est-ce qui t’a poussé à aller vers quelque chose de plus chill ?

Je voulais faire quelque chose qui me ressemblait. Je ne trouve pas que ce soit doux, il y a des morceaux ou ça balance quand même ! Je pense que c’est dans l’écriture que c’est plus doux, plus ouvert. C’est l’évolution de « Kinto » et j’avais envie de faire mon truc à moi, qui me ressemblait vraiment. Donc pas forcément partir sur 10 bangers et « faire du ODP ». J’avais envie de faire mon truc en solo, de développer mon identité personnelle. Je suis grave fier de ce dernier projet !

Il t’a fallu combien de temps en tout pour réaliser ce projet ?

Il y avait plus de 10 titres au départ, et ça m’a pris un an je pense. Au début, il y avait une bonne vingtaine de titres, j’en ai mis 10.

Pourquoi « Rayons » ?

Rayons, c’est l‘idée qu’il y a une trace de lumière, c’est-à-dire, le fait de laisser sa trace. Puis, il y a les rayons du soleil et de la lune. Bon c’est un peu philosophique, mais je trouve que dans le projet, il y a deux ambiances : une un peu triste et nostalgique, et une super joyeuse, en mode vas-y fuck on turn up. Je trouvais que « Rayons » illustre bien ces 2 ambiances.

Tu as collaboré avec qui sur ce projet ?

J’ai collaboré avec les Belges Venlo, et Ruskov, donc j’ai 2 feats avec 2 belges sur mon projet. Ruskov, c’est un rappeur des alchimistes, un groupe belge aussi.

D’ailleurs, on a découvert Venlo récemment (on a écrit un article sur son nouveau projet). On ne s’attendait pas à le voir sur ta mixtape ! Comment s’est passée la collaboration ?

La connexion s’est faite via Sheldon. Un jour, j’étais au Dojo et ils étaient là, ils faisaient du son avec Sheldon, y avait Dee Eye aussi, le producteur de Venlo. D’ailleurs, c’est lui qui a produit la track, puis on a discuté et on s’est dit « vas-y on fait un son ». Je suis resté une semaine à Bruxelles pour faire du son et avancer sur ma tape avec Dee Eye, c’est là qu’on a fait le son. Moi je le kiff en plus le son, il est trop chaud !

Sur Kinto il y avait quelques feats avec les mecs d’ODP, sur « Rayons » il n’y en a pas. Est-ce que c’est volontaire ?

Il y en avait 1 normalement, mais je l’ai enlevé. Un morceau avec Youv Dee. Tu connais, c’est mes frérots, mais à par Youv, j’ai pas eu le temps de faire d’autres morceaux avec les gars, il fallait aller vite.

Est-ce qu’il y a des morceaux dont tu es particulièrement fier ? qui te définissent vraiment ?

Oui, il y en a un dont je suis bien fier, c’est « Avant De Die », je l’aime énormément, c’est le dernier morceau du projet. Mais en vrai, j’aime la plupart des morceaux, contrairement à « Kinto », maintenant quand je les écoute je suis moins content. Je pense que les morceaux de « Rayons » vont mieux vieillir que ceux de « Kinto ». Mais par exemple l’intro que j’ai faite avec Wizman je l’adore, et j’en suis fier.

 

Tu as sorti Limbes partie 2, tu as donné suite à la partie 1 présente dans Kinto. Pourquoi les limbes, pourquoi cette noirceur ?

En vérité, je ne sais pas ! C’est comme les nuages, j’sais pas comment l’expliquer, c’est un truc qui me passionne. Tu sais ça me trouble toutes ces histoires de nuages en haut, de limbes en bas. C’est ma manière de faire ressortir le côté mélancolique, via les nuages ou via les limbes, c’est mon truc. Les nuages c’est plus pensif et positif, et les limbes c’est plus mélancolique.

Sur Kinto on te voit posé sur un nuage d’ailleurs !

Voilà t’as capté ! Si t’as capté ça, t’as à peu près tout capté. C’est comme rayon, il y a un rapport avec les nuages, tout est lié, c’est la suite logique.

En général, quels sont les thèmes qui t’inspirent le plus dans tes projets, tes morceaux, l’écriture de tes textes ?

Je n’ai pas vraiment de thèmes, j’essaye de favoriser l’émotion. Je préfère que les gens kiffent quand ils écoutent un morceau, qu’ils kiffent la vibe, pas forcément les paroles, tu te laisses emporter… Après y’a pas vraiment de thèmes, j’écris au fur et à mesure ce que je pense, j’écris ce que je vis, les relations amoureuses j’en ai beaucoup parlé dans ce projet. Les filles c’est un sujet dont tout le monde parle, mais j’aime en parler, je parle de tout en vrai.

Tu penses quoi de ta génération ? Les jeunes en général, ça t’inspire dans l’écriture de tes textes ?

À fond ! C’est pour ça que j’ai écrit « jeune » ou « jeune de l’année ». Je trouve que notre génération se bouge, on veut faire les choses, même sans avoir fait un parcours scolaire incroyable on arrive quand même à se débrouiller. C’est ce que je vois avec notre génération, la plupart des jeunes sont déterminés, ils veulent vivre de leur passion avant de faire un travail qui n’leur plaît pas.

Tu souhaites quoi à la génération qui arrive ?

Ce que je leur souhaite ? Très bonne question ça (Rires), je leur souhaite bah… Oh damn, je leur souhaite de réussir, il faut pas lâcher et aller jusqu’au bout de son truc !

Je suis curieux de voir comment vont évoluer ceux qui sont plus jeunes que nous. Eux, c’est « plus simple » je trouve, enfin façon de parler. Nous y’a toujours ce lien avec nos darons, alors que la génération d’après je la trouve encore plus libre que nous. Ils ont des portables à 12 piges, 10 piges, ils font tout avant nous, je suis limite jaloux (rires). Moi ça me choque, il y en a, ils ont 12 ans, et genre 10K abonnés. Ils sont déjà à fond sur Insta, c‘est pas les mêmes bails. Déjà, ils n’ont pas tous les dessins animés que nous on a eu. Ils ont des dessins animés nuls. C’est une influence énorme, ça forge de ouf ! T’apprends la vie avec ça. Comment vivre avec les gens, tes ennemis, tes amis, les gens qu’il y a autour…

Tu penses quoi des réseaux sociaux, du fait de devoir soigner ton image, communiquer sans cesse ?

Faut savoir gérer hein, ça fait partie du boulot ! De toute façon, aujourd’hui, dans le monde dans lequel on vit, si tu veux proposer de la musique faut que tu proposes un visuel, faut que le visuel soit bien donc forcément ça passe par les vêtements, par l’image, ta manière d’être, c’est un tout.

Tu penses quoi de la nouvelle scène rap ?

Ça bouge, tout le monde fait son truc, c’est lourd en vrai.

Si t’avais un conseil à donner aux artistes, comment se démarquer des autres ?

Rester soi-même, je pense que c’est la clé. Il ne faut pas se travestir pour faire comme les autres. Reste toi-même, fais ton truc, sois deter et je pense que c’est bon. (rires)

Des concerts / festivals de prévus ?

On fait des festivals avec ODP, Les Ardentes et En Orbite Festival. En solo, pas encore, j’espère que ça arrivera on verra bien, on croise les doigts.

T’as déjà entamé une tournée en solo ?

Non jamais, je pense que j’étais pas forcement prêt. Donc j’attends, je sors des sons et quand je pourrai faire des concerts en solo je le ferai, je suis grave chaud !

Est-ce que t’as prévu d’autres projets en collab, du même style que bêta-test ?

Haha ! Bah y aura Bêta Test 2 bientôt hein… Peut-être… Je peux pas en dire plus !

Et en 2019 vous pensez sortir un projet avec ODP ?

On me pose des questions pièges là (rires), ouais c’est prévu, c’est prévu !

Assy, c’est quoi le feat de tes rêves ?

C’est une bonne question ça… Juice World facile et Iann Dior, c’est un petit en mode Juice World il est super chaud. Ouais franchement toute cette vague à la Juice World, je suis dedans à fond. Et en France ? J’aime beaucoup Ash Kidd, je valide à fond.

 

Il y a des projets que tu saignes en ce moment ?

Le dernier projet de Iann Dior, « Gear 3 » de Youv Dee aussi, c’est super chaud (rires). En vrai je saigne pas beaucoup de projets en ce moment… Je saigne les projets qui vont sortir, celui d’Arsn qui va arriver bientôt et celui de Swan qui est en préparation. Mais sinon je me bute beaucoup au rap ricain, donc Iann Dior, son dernier morceau est incroyable.

Il y a des artistes américains qui t’ont influencé dans ta musique ?

Pas vraiment, après on est tous influencés par des artistes. C’est toute cette vague de rappeurs mélancoliques que j’aime beaucoup, comme Juice World. Tous les trucs un peu pop rock, ça tue de ouf.

Alors Assy, à qui tu passes le Cimer ?

Je passe le Cimer à ma maman, parce qu’il faut toujours dire merci à sa maman, et à toute mon équipe. Et à vous ! Bien vu Cimer !

 

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