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404Billy in Process en attendant l’album !

le 26 mars 2019

Il y a quelques mois on vous parlait d’un rappeur à suivre de près, que le public découvrait à ce moment en première partie de Damso. Il s’agissait de 404Billy, qui vient de sortir sa deuxième mixtape : Process.

Comme son nom et format l’indiquent, le 10titres (+un bonus) est toujours un projet d’expérimentation, pour nous faire languir de ce qui sera enfin son premier album. Billy prend le temps et il a bien raison. Au fur et à mesure des morceaux, il s’autorise de nouveaux flows posés sur des instrus également bien plus diversifiées que sur le projet précédent : Hostile. Celui qui met un point d’honneur à ne jamais vendre son âme à la Zumba et à la pop urbaine des charters, semble donc néanmoins rester ouvert à des propositions musicales audacieuses et modernes. Junior Alaprod, Chrysleur, Hitxchi ou encore Mdk, les beatmakers l’accompagnant sur « Process », ont l’air d’en jouer avec lui et semblent déterminés à le faire sortir de ses terrains de confort, à notre plus grande curiosité. Le résultat est technique, varié et très personnel.

“Me dis pas que tu m’aimes, les épines sur moi proviennent de ta rose”.

Hostile, le monde qui l’entoure l’est encore…

Et on est tous invités à s’en méfier. Même si les productions sont plus mélodiques et qu’il a résolument su nous rendre plus accessibles les sujets traités, le kid est toujours sombre. Des couleurs s’invitent désormais aux clips, mais comme il le rap en introduction, “en tant que noir, j’ai une colère de couleur”, pas certaine que ce soit le signe qu’il ait soigné ses douleurs. On est peut être juste dans une autre phase naturelle de son deuil de la nature humaine. Toujours est-il que son univers devient plus cinématographique et qu’il a compris que c’est par les images que le public se plongerait dans son monde.

 

Une imagerie cinématographique

Son imagerie est justement l’aspect que je préfère chez le rappeur et qui fait de lui, une figure montante si singulière. Des photos de cadavres dans le téléphone, des têtes d’ennemis dans des bocaux ou des crânes sur l’appui tête ; par ses mots, 404 n’hésite pas à être gore et horrifique pour nous détailler les plans-séquences qu’il met en scène dans son esprit. Et c’est aussi tout le travail des mélodies, qui nous prolonge l’expérience funèbre. En effet, sur plusieurs morceaux comme « Espèce », « Preuve » ou encore « Jour de guerre », les notes de piano sonnent comme celles d’une boîte à musique que l’on trouverait sur le plancher grinçant d’une cabane abandonnée.

“Peuvent crier de douleur, je les laisserai ligotés. Peuvent faire preuve de douceur, je les laisserai mijoter” (Jour de guerre)

“Vulgaires lyriques, images très noires, faut que j’les devance.”

En tout cas, le Kid prend de l’avance sur les images mentales qu’il laisse à nos futurs cauchemars.

Une technique irréprochable !

Toutes ses métaphores ne seraient évidemment pas efficaces si il ne savait pas jouer des mots. Et si l’artiste met bien tout le monde d’accord sur une chose, c’est sur sa technique. 404 Billy est avant tout un kicker et le prouve une nouvelle fois sur l’excellent freestyle du projet, accompagné de son pote Blaz Pit. Punchlines morbides, flows qui s’enchaînent et se mélangent, ça nous rappellerait presque avec nostalgie, l’harmonie et la complicité d’un freestyle de l’Entourage. Gros coup de cœur, amis puristes c’est cadeau.

Audace et technicité, mais surtout un univers à part, Billy the Kid a encore de nombreux atouts dans sa poche pour maintenir notre curiosité. Il se cherche et pour le moment il nous trouve, impatients d’un album, qui, on l’espère, sera accompagné de tout une série d’images macabres, clipées et créatives.

On vous laisse sur son dernier son clip, « Rageux », sorti la semaine dernière et qui concentre certainement beaucoup de ces qualités.

BONUS : l’écoute du morceau « Preuve », qui commence comme un sample de Beethoven, petite sonate au clair de lune.

Manon Lefébure.

 

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